Hier soir. Mal au crâne. Nous voilà partis vers le kultūras
centrs Rītausma, dans un quartier excentré de Riga (Pardaugava), pour aller voir une représentation de la compagnie française Vélo Théâtre (théâtre d'objet, dont je parlais hier).
On monte dans le tramvajs 8 juste avant de traverser le pont, et on chemine dans des endroits où je n'ai jamais mis les pieds depuis deux ans que je vis ici. C'est très vert (beaucoup d'arbres et
des parcs), il y a encore pas mal de maisons anciennes, en bois. On a l'impression, arrivés à l'arrêt kandavas iela, d'être à la lisière de la ville, qui pourtant
s’étend encore bien au-delà.
C’est un homme seul qui joue avec divers objets sur un lit qui semble suspendu dans le vide, au-dessus d’une ville, la nuit.
Tous ses gestes sont lents et minutieux, comme s’il menaçait de tomber du lit s’il faisait des mouvements trop brusques.
Ça parle de la solitude de cet homme.
En sortant, nous avons attendu le tram dans la nuit, et l’on a vu apparaître deux ronds de lumière au loin, qui trouaient le noir et le silence de la nuit. Ça avait un côté irréel qui prolongeait l’ambiance de la pièce que nous venions de voir.
J’ai également pensé au ChatBus de Mon voisin Totoro.
En traversant à nouveau la Daugava, mais dans le sens inverse et de nuit, j’ai fait particulièrement attention à la façon dont le pont de chemin de fer était éclairé.
Et bien, je peux le dire, ce pont, qui rappelle l’époque industrielle de jour avec ses structures en fer arquées, était éclairé de façon à paraître moderne, de nuit.
Maintenant il aura deux visages dans mon souvenir.